LES EFFETS DE LA CRISE FINANCIERE DANS LES ECONOMIES DE LA CEDEAO

BATCHY TOME PRINCE JR
MASTER II MONNAIE
UNIVERSITE DAKAR B.
Dakar, le 30 Juin 2009

La crise des subprimes de 2007 a été pendant plusieurs mois sujet à frissonpour les économies tant puissantes que celles en développement. Les mobilisations et lesmésuses prises par les grandes banques centrales notamment la FED, le TPE etc. Etl’unanimité avec laquelle des solutions y sont proposées, montrent jusqu’à présent l’envergurecritique de cette crise.
La perception de cette crise diffère selon les pays. En effet, dans les économies Africaines en
générale et dans celles de la CEDEAO en particulier, on laisse planer jusqu’ à preuve du
contraire un véritable doute sur les conséquences futures de cet impasse dans le continent.
Et, à en croire quelques réactions, un vrai fossé sépare les opinions des penseurs :
Pour certains, l’Afrique n’est pas en marge des effets pervers de cette situation; tandis que
d’autres penseurs refusent de croire en cette évidence.
Cependant, l’interdépendance des marchés ou encore la corrélation du destin de la CEDEAO
à celui de l’occident, fait craindre ce qui se dit tout bas : une dévaluation du CFA.
L’Afrique qui tire essentiellement ses recettes d’exportation de la vente des matières
premières a quelques soucis à se faire étant donné que la principale Bourse des matières
premières est soumise au rythme des cotations. L’on se demande si la CEDEAO sortira
indemne de cette passe boursière dont on ignore l’issue.
Notre étude portera d’abord sur «ce que l’on sait déjà » c’est-à-dire les effets immédiats de la
crise financière dans la Communauté Economique et Douanière des Etats de l’Afrique de
l’Ouest.
Ensuite, nous problématiserons sur l’éventualité de dévaluation de la monnaie dans ce bloc
économique.
Nous tenterons de tirer quelques leçons importantes, particulièrement en prévision sur « ce
que l’on ne sait pas encore ».
.Depuis les années 80, en aucun cas les marchés internationaux n’ont été autant
alarmés. La crise des subprimes qui est née aux Etats unis « le sommet du monde »,
notamment avec les prêts hypothécaires à risque, a vite tournée au cauchemar et s’est vite
répandue de par le monde grâce à la fréquence avec laquelle se font les échanges des capitaux,
des personnes et des marchandises. Et à en croire Dominique Strass khan président du (FMI),
le monde entier sera affecté(le monde, 16 Octobre 2008).
Aux Etats-Unis comme en Europe, le secteur financier a été la principale victime de cette
correction boursière, toutefois, les différentes interventions des banques centrales ont permis
d’éviter le crash auquel l’on s’attendait. Cependant, l’on assiste tout de même aux faillites de
banques ou de grandes multinationales jusqu’à nos jours.
Les conséquences immédiates ont été d’abord la transmission de la crise dans l’économie
réelle notamment avec le resserrement de crédits bancaires qui ont engendré une baisse de la
consommation, un taux chômage croissant, des pertes de profits pour les entreprises en
somme, un ralentissement économique.
Au niveau du secteur financier, le ralentissement de l’économie réelle conduira à la hausse
des défaillances, y compris sur les crédits immobiliers et à la consommation, ainsi qu’à la
baisse supplémentaire de la valeur des actifs des banques et des institutions financières. Ceci
fragilisera davantage le secteur financier qui mettrait l’accent sur le renforcement des fonds
propres au détriment du financement de l’économie. Ce cercle vicieux entraîna l’économie
américaine dans une longue période de récession.
Les uns parlent ainsi de « séisme financier » jamais expérimenté par l’économie mondiale.
Ces termes parfois puissants semblent pourtant refléter la réalité actuelle des économies au
regard de l’énormité du désastre.
En Afrique, à l’évidence cette tempête boursière n’a pas d’effets directs sur le continent du fait
de la faiblesse des places financières africaines. En effet, l’Afrique qui ne pèse que pour 3 %
dans le commerce mondial, 1 % des flux financiers qui circulent dans le monde et dont les
banques sont peu intégrées sera peu touchée par les faillites bancaires. Il n’en reste pas moins
que l’on puisse se préoccuper des conséquences quant à l’évolution des cours des matières
premières par exemple dont la CEDEAO est un important exportateur.
En effet, du fait des fluctuations monétaires, de spéculations éventuelles, de l’évolution des
cours, etc. la position commerciale de la CEDEAO est progressivement entrain d’être
modifiée. Les conséquences que l’on peut indubitablement citer d’emblé sont notamment :
-
La chute des prix des matières premières.
Ce fléchissement a pour suite immédiate une chute des recettes d’exportation des pays
africains, un accroissement des déficits budgétaires et une dégradation des finances publiques
La baisse des prix des matières premières est définitivement une aubaine pour les pays
consommateurs et un cauchemar pour les pays exportateurs dont les recettes d’exportation ne
cessent de fondre. Il faudra aussi prévoir une baisse de la demande si les grandes économies
sont victimes de récession ce qui serait un chaos inattendu.
-
La diminution des aides à l’endroit de la CEDEAO
Il est évident que les pays riches, rudement touchés par ce trouble financier, concentrés sur le
sauvetage de leurs économies, s’apprêtent à réduire leur aide financière en direction de
l’Afrique. Les pays les moins avancés contenus dans le bloc CEDEAO et tous les autres qui
leur sont cousins, en souffriront sévèrement pendant longtemps. Ce qui explique les mesures
que souhaite prendre la Banque Mondiale en augmentant la capacité d’attribution d’aide de
ses
filiales
(BIRD,
etc.)
En réalité, Cette initiative vise à contrer les retraits de capitaux privés des pays développés qui
pourraient s’accroître avec l’accélération de la crise économique. Selon la Banque mondiale, « 
les flux privés vers les pays en développement baisseraient de 1 000 milliards de dollars (795
milliards d’euros) à partir de 2008 d’ environ 530 milliards de dollars en 2009, soit de 7,7 % à
3 % du produit intérieur brut de ces pays »(Le Monde, 12 Novembre 2008). Cette réduction de
l’aide publique au développement, se traduira en Afrique par des coupures sèches dans les
budgets destinés aux programmes sociaux (santé, éducation, protection maternelle et infantile,
logements…) et par un gel du financement des infrastructures publiques (ponts, barrages,
autoroutes,
aéroports, hôpitaux, universités, assainissement urbain…).
- Aussi, la récession dans les pays riches menace le volume des transferts financiers
opérés par les émigrés africains (11 milliards en dollars 2007), par l’intermédiaire
d’institutions financières très présentes et actives en Afrique : Western Union et Money
Graham. Largement financé par ces fonds, fruit de dur labeur et parfois au péril de leur vie, le
bâtiment en Afrique connaît une crise parallèle à celle du niveau de vie des diasporas.
Nous pouvons ainsi sans aucune réserve affirmer que cette crise aura évidemment des
conséquences sur les économies des pays de l’Union, on risque d’assister à une baisse des
investissements directs alors que des pays comme le Sénégal prenaient leur envol.
A tout cela se juxtapose des conséquences sur le niveau de la dette du fait d’un taux d’intérêt
en hausse surtout pour les pays partisans du rééchelonnement. Une éventuelle augmentation
du poids de l’endettement couplée à une baisse de l’aide au développement et d’un risque de
baisse des exportations, du fait de la faiblesse de la demande mondiale, entraînera des
conséquences notoires sur les politiques sociales des Etats de la CEDEAO. A moyen et long
termes, la crise aura un impact négatif sur l’éducation et la santé, secteurs essentiellement
financés par des ressources gouvernementales et des fonds extérieurs.
En voyant ces nombreuses conséquences qui elles-mêmes peuvent en engendrer
d’autres, se trouve en bonne place la baisse évidente de la balance commerciale. En revenant
quelques années en arrière nous nous souviendrons qu’elle a été à l’origine en 94 de la
dévaluation du CFA. En effet, en disjoignant les propos du président A. Wade dans (le monde
du 16 Octobre 2008) à propos de cette crise stipulant que « le nuage des subprimes s’est arrêté
à la frontière de l’Afrique » perçu comme une plaisanterie de mauvaise qualité au moment où
la Banque Mondiale prévoit une croissance mondiale de 0,9 % et un recul du commerce
international de 2 % ; Et si nous essayons d’être un peu moins dichotomiques, nous pouvons
clairement envisager une liaison entre cette crise financière et l’économie réelle, entre la
sphère monétaire et la sphère réelle qui englobe tous les Etats, afin d’analyser et de prévoir
« ce que l’on ne sait pas ».
En souvenir, rappelons que la faible participation au commerce extérieur était la cause
majeure de la dévaluation du FCFA en 1994 et aujourd’hui la scène se répète : la concurrence
est rude sur les marchés des biens et services, les infrastructures de la CEDEAO ne sont pas
aussi compétitives et donc sa participation dans le commerce diminuera davantage d’autant
plus qu’il n’y aura plus l’aide adéquat et que les recettes d’exportation des matières premières,
principale source de revenu des pays Africain dans le commerce extérieur, vont baisser. Une
balance commerciale faible (et donc balance des capitaux négative réduira le niveau des
réserve et) pourrait encourager le TPF, garant du FCFA, à dévaluer en vue de booster la
production, la consommation et surtout les exportations.
Ceci n’exclue donc pas l’éventualité d’une situation similaire à celle d’il ya ans. Encore que les
résultats empiriques ont prouvé que cette mesure été favorable au redressement de l’économie des pays « cfistes » qui dans le temps était pataugeant. Vu sur cette angle, cette crise en définitif nous ramène un peu dans l’interminable querelles
entre les classiques et Keynes sur la relation réel/monétaire. Cependant il est très important de souligner que la notion de bulles spéculatives, qui régis le capitalisme ne prévient jamais de ses aléas. Aux USA elle a commencé dans le système financier pour échouer dans l’économie réelle, mais pour l’Afrique elle peut se manifester d’abord en plombant l’économie réelle (baisse de revenu, augmentation du taux de chômage, baisse d’envoi des transferts d’argent des immigrés Africains etc.) pour paralyser la monnaie (le CFA). .Il s’est avéré que les conséquences de cette crise financière ne s’est guère manifeste de
la même manière, elles varient donc suivant les pays. Dans la CEDEAO cependant, la
dépendance au Trésor Français réduit notre marge de manœuvre à envisager une politique
adéquate pour limiter davantage les risques que cette crise ne nous somme d’une nouvelle
dévaluation.
En ce début d’année 2009, l ‘Afrique en générale et la CEDEAO en particulier se doit
d’intégrer cet aspect nouveau de conjoncture économique internationale dans sa stratégie de
développement au risque que les populations africaines qui sont « l’agneau du sacrifice » des
politiques de restructuration édictées par la Banque Mondiale et le FMI, ne subissent comme
il y a quelques années, un second choc immérité.

 

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